mercredi 28 janvier 2015

Les "mots" des "maux" (1): Le choix de la maladie



Certaines personnes considèrent ce qu’on appelle « la Pensée Positive » avec un certain mépris. Je n’entrerai pas dans le détail de cette polémique, je voudrai juste mettre en évidence une réalité simple qui permet de répondre à ces détracteurs.

En général, en tant qu’êtres humains, que préférons-nous? Etre reconnus ou être dénigrés? Préférons nous les mots qui expriment l’amour ou ceux qui expriment la critique ou la haine? Dans l’éducation de nos enfants privilégions nous la mise en valeur de leurs qualités ou celle de leurs défauts. Et dans l’image que nous nous faisons de nous mêmes, quels sont les facteurs qui nous poussent à exprimer notre potentiel et ceux qui nous empêchent de le faire? Lesquels préférons-nous?

Je pense que la réponse est évidente, nous préférons tous ce qui nous valorise à ce qui nous dévalorise. La reconnaissance de nos qualités nous aide à exister sur un mode optimal alors que l’énoncé de nos défauts, qu’ils soient réels ou projetés sur nous, a tendance a affecter négativement l’expression de notre potentiel. Si nous observons ce qui se produit derrière ce phénomène nous voyons que l’enjeu des choix que nous faisons dans nos jugements sur les autres et sur nous mêmes peut être beaucoup plus important que nous ne le pensons.

La psychanalyse classique reconnaît deux pulsions de base dans le comportement humain, la "pulsion de mort" et la "pulsion de vie"…elle reconnaît aussi que le véhicule d’expression de ces pulsions ce sont les pensées et les mots qui les expriment…En effet, la totalité des personnes qui souffrent de « maux », qu’ils soient psychologiques ou en apparence physique, souffrent de « mots ».

Toute maladie, quelle qu’elle soit est un combat entre la « pulsion de vie » et la « pulsion de mort » dans le coeur d’un même individu. C’est une guerre intérieure dont l’enjeu tourne toujours autour de la question : « Vivre ou mourir? ». Si l’on souhaite pouvoir affecter ces deux mots d’un coefficient de valeur on se posera la question suivante : «  Pour moi, en ce moment précis, dans ces conditions précises, lequel de ces mots incarne t’il le « positif »? »

Pourquoi cette question? Pour nous permettre de réaliser une chose très importante d’un point de vue thérapeutique : TOUS les choix faits par entité vivante sont des choix « positifs ». En effet, tous nos choix, quels qu'ils soient, constituent à un instant précis de notre histoire l'expression de notre envie de « survivre » au mieux

Nous avons tous eu au cours de notre existence des moments où face au caractère apparemment insurmontable de nos « épreuves » nous avons été tentés de choisir d’obéir à la « pulsion de mort ». Enfants, nous avons tous un jour rêvé de pouvoir tomber malades pour éviter d’aller à l’école. En ce sens, malgré son apparence « négative », la maladie est « toujours » un choix positif (fait plus ou moins consciemment) face à des circonstances qui nous paraissent encore plus négatives que le fait de mourir.

Pour la personne que cela concerne, tomber malade est quelque part une « solution » qui repose sur une inversion de valeur. La vie est par principe une « avancée » vers quelque chose mais lorsque tout semble bloqué ou que plus rien ne semble motiver la poursuite en avant, toutes les solutions sont bonnes à prendre. C’est en ce sens que toute pensée est une « pensée positive ». Le problème, c’est juste qu’à un moment donné, le sens des valeurs s'inverse, au mot "vivre" on préfère "mourir".

La piste que nous devons alors emprunter  est celle des « symptômes » manifestés par le sujet pour exprimer sa vérité. Là encore, de même qu’il a choisi la maladie pour exprimer une forme de survie, le sujet a fait plus ou moins consciemment un choix de symptômes et là aussi c’est d’une certaine manière de la « pensée positive » tout symptôme fonctionne comme une porte de sortie. Déchiffrer le "langage" de la maladie a donc autant à nous apprendre que les "diagnostics médicaux" sur l'origine des troubles et sur les remèdes susceptibles de les faire disparaître.
(à suivre)

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